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Scène d'arnaque

Sextorsion

Sextorsion

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Qu’est-ce que le broutage et d’où provient-il?

L'Afrique de l'Ouest dans la mire

Le terme « broutage » est utilisé pour définir une forme de cybercriminalité pratiquée surtout en Afrique, particulièrement en Côte d’Ivoire. L’expression « broutage » aurait plusieurs origines : elle pourrait provenir du mot « brou » qui signifie « pain » dans une langue locale ivoirienne, signifiant que le brouteur cherche à se nourrir de façon malhonnête. L’expression pourrait aussi faire référence au broutage des moutons, qui mangent tout ce qui se trouve à leur portée sans effort particulier. Concrètement, cette pratique criminelle consiste à utiliser un pseudonyme afin d’appâter et d’arnaquer un internaute.

Les formes d’escroqueries en ligne sont diverses : il peut s’agir de promettre une somme d’argent en échange d’un service rendu ou d’un investissement. Toutefois, l’une des tromperies qui fonctionnent de plus en plus cible les âmes esseulées qui cherchent l’amour sur les réseaux sociaux. Le brouteur développe une fausse relation amoureuse pour ensuite soutirer de l’argent sous différents prétextes. La sextorsion est une autre méthode d’escroquerie qui consiste à conduire un internaute à effectuer des gestes intimes devant sa caméra web pour ensuite le menacer d’utiliser ces images s’il refuse de lui acheminer de l’argent.

La majorité des brouteurs de la Côte d’Ivoire sont de jeunes hommes dont l’âge varie de 15 à 25 ans. Ils sont connus pour avoir eu accès à une bonne éducation de base; ils sont débrouillards, curieux, et particulièrement doués avec les nouvelles technologies. Le très faible marché de l’emploi, combiné à un accès grandissant à la technologie de pointe, expliquerait en grande partie l’attirance des jeunes Ivoiriens pour la cybercriminalité.

En Côte d’Ivoire, le phénomène du broutage est tellement répandu qu’il est maintenant perçu comme un gagne-pain accessible, presque banal. Certains brouteurs sont même devenus de véritables vedettes des quartiers populaires et n’hésitent pas à étaler les objets de luxes que l’escroquerie leur rapporte. Adeptes d’une culture du « m’as-tu-vu », ils aiment les coups d’éclat et n’hésitent pas à dépenser des milliers de dollars en l’espace d’une soirée. Cette pratique, dont profitent les propriétaires de bars et autres commerces, encourage la complicité et la corruption.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les réseaux de cybercriminalité qui proviennent de la Côte d’Ivoire ne sont pas très organisés, et certains brouteurs agissent pratiquement seuls. Leur capacité à produire de faux documents et à s’entourer de complices issus de leur entourage leur facilite grandement la tâche. Heureusement pour les victimes, de récentes dispositions ont été adoptées par les autorités ivoiriennes pour endiguer le broutage informatique.